September 29, 2022
Variole du singe : les pays africains réclament un accès équitable au vaccin

Il ne faudrait pas que le scénario du Covid-19 se répète, met en garde l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Pour endiguer l’épidémie de variole du singe qui se répand en Europe et en Amérique du Nord, plusieurs Etats ont d’ores et déjà annoncé qu’ils auraient recours à la vaccination. Mais dans les pays africains où la maladie est endémique depuis plusieurs décennies, les doses antivarioliques manquent. « Nous devons éviter d’avoir deux ripostes différentes, une pour les pays occidentaux qui ne connaissent pas de transmissions importantes et une autre pour l’Afrique », a alerté, le 2 juin, Matshidiso Moeti, directrice du bureau régional de l’OMS.

L’iniquité serait d’autant plus criante que la maladie, qui se caractérise par d’importantes éruptions cutanées, est présente depuis longtemps sur le continent africain. Depuis le début de l’année, déjà près de 1 400 personnes sont suspectées de l’avoir contractée, soit près du double des cas recensés hors d’Afrique depuis début mai. Soixante-six décès ont été signalés au cours des cinq premiers mois de 2022. Le territoire payant le plus lourd tribut est sans conteste la République démocratique du Congo (RDC), où 1 284 personnes ont été infectées par le virus et 58 en sont mortes en cinq mois. Un bilan sans doute inférieur à la réalité, la plupart des foyers épidémiques se trouvant dans des territoires difficiles d’accès.

Identifiée pour la première fois chez l’homme en 1970 dans ce pays d’Afrique centrale grand comme cinq fois la France, la variole du singe n’a touché, pendant des années, que quelques personnes, de manière sporadique. Circulant essentiellement dans les zones rurales et les forêts tropicales, elle s’est répandue à bas bruit au fil des ans, au point d’être désormais considérée comme endémique dans onze Etats d’Afrique, comme le Nigeria, la République centrafricaine, la République du Congo, le Cameroun ou la Sierra Leone.

En 2017, une flambée soudaine a provoqué une hausse des contaminations dans cinq pays, avec plus de 2 800 cas signalés. Depuis, cette épidémie d’ampleur s’est poursuivie : au total, en cinq ans, près de 23 500 cas suspects ont été signalés dans sept pays de la région, dont 589 décès, selon l’OMS. Pourquoi de tels pics ? Les causes ne sont pas encore précisément connues, mais, selon l’OMS, ces pics pourraient « être dus à la déforestation et à l’empiètement des populations sur les habitats des animaux hôtes de la variole du singe ». Les experts avancent également la baisse de l’immunité collective face aux orthopoxvirus, la famille à laquelle appartient le virus de la variole du singe, depuis la fin de la vaccination contre la variole, qui a été éradiquée en 1980.

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