September 29, 2022
Moustique tigre : une expansion (presque) sans limites

C’est l’histoire d’une inexorable avancée. Parti du Japon et de la péninsule coréenne, le moustique tigre grignote les terres. Il a fait souche en Italie dans les années 1990 puis a passé la frontière française en toute discrétion. Il s’étend en métropole et s’apprête à la draper d’un voile aussi rouge que les cartes publiées par la Direction générale de la santé. « Il va s’implanter partout en France, à l’exception de quelques zones trop défavorables, comme les massifs montagneux en altitude », pronostique Thierry Baldet, un chercheur…

C’est l’histoire d’une inexorable avancée. Parti du Japon et de la péninsule coréenne, le moustique tigre grignote les terres. Il a fait souche en Italie dans les années 1990 puis a passé la frontière française en toute discrétion. Il s’étend en métropole et s’apprête à la draper d’un voile aussi rouge que les cartes publiées par la Direction générale de la santé. « Il va s’implanter partout en France, à l’exception de quelques zones trop défavorables, comme les massifs montagneux en altitude », pronostique Thierry Baldet, un chercheur du Cirad (1), spécialiste en entomologie médicale. Basé à La Réunion, un territoire confronté à des vagues de dengue provoquées par Aedes albopictus – le nom savant de la bestiole –, il sait pertinemment qu’on ne peut pas l’éradiquer par magie.

Aedes albopictus était considéré « installé » dans le seul département des Alpes-Maritimes en 2004. Pendant les sept premières années de sa conquête, il a essaimé à peu près partout sur l’arc méditerranéen, l’arrière-pays et la Corse. En 2012, la fièvre s’est étendue au nord-ouest par la vallée de la Garonne et a fondu sur le Lot-et-Garonne. Au tour de la Gironde en 2013. Puis le Sud-Ouest dans son ensemble en 2019. Durant les deux années de pandémie, seuls les moustiques tigres ont royalement ignoré les confinements. Ils sont désormais aux frontières belge et allemande et ont pris pied dans 67 départements métropolitains (sur 96).

Le peuplement reste épars. Les villes et leurs alentours sont les zones d’expansion privilégiées par le moustique tigre, dont la femelle n’aime rien tant que les mini-surfaces d’eau stagnante où elle pond ses œufs. Dans les coupelles de pots de fleurs, dans les jouets de plein air ou dans n’importe quel recoin pourvu qu’il soit humide.

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