September 26, 2022
Aux Etats-Unis, l'inflation accélère, au plus haut depuis 1981

Du jamais-vu depuis décembre 1981 : l’inflation annuelle a atteint 8,6 % en mai aux Etats-Unis, selon les chiffres publiés vendredi 10 juin par le ministère du travail. Cette annonce a entraîné une chute immédiate de Wall Street (2,9 % pour le S&P 500 et 3,5 % pour le Nasdaq, indice riche en valeurs technologiques) et une remontée des taux d’intérêt à dix ans, qui sont passés de 3,02 % à plus de 3,17 %.

Ce chiffre confirme l’échec de la Réserve fédérale (Fed), présidée par Jerome Powell : avec des années de politique d’argent gratuit, la banque centrale américaine a laissé renaître l’inflation que l’on croyait disparue. Cette hausse généralisée des prix aggrave les difficultés de la présidence de Joe Biden, à cinq mois des élections de mi-mandat. La confiance des consommateurs, mesurée par l’université du Michigan, s’est effondrée en juin, passant de 58,1 à 50,2 % : ce chiffre n’avait jamais été atteint y compris pendant la grande crise financière de 2008. Il s’incarne dans le prix du gallon d’essence qui frôle désormais les 5 dollars (1,25 euro le litre).

L’invasion russe de l’Ukraine a renforcé une pression sur les matières premières et l’énergie qui préexistaient. Le confinement de la Chine due à la pandémie a perturbé les chaînes de valeur, mais l’inflation touche désormais tous les secteurs de l’économie, alimentée par les politiques budgétaires et monétaires ultra-accommodantes pendant la crise due au Covid-19. « Opinion impopulaire : ce qui cause l’inflation, ce n’est pas Poutine, mais trop d’argent pour trop peu de biens », résume sur Twitter le financier Michael Gayed.

De nombreux opérateurs espéraient que l’inflation avait commencé à reculer. Le chiffre de mai est une douche froide : sur un an, le prix de l’énergie a augmenté de 50 %, l’alimentation de 10 %, les véhicules neufs de 12,6 %, les transports de 7,9 % et le logement de 5,5 %. Entre avril et mai, il n’y a eu aucune décélération : les prix ont augmenté de 1 %, (soit 12 % en rythme annuel), contre 0,7 % en moyenne au cours des six mois précédents. Hors énergie et alimentation, le rythme reste sur un plateau élevé (0,6 point de hausse). Même le prix des voitures d’occasion, qui s’était envolé en raison de la pénurie de véhicules neufs, est reparti à la hausse.

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